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Un cadeau du Nouvel An

J’ai toujours associé le jour de l’An au froid, aux bleus et aux gris, au calme d’un matin de givre glacial, à la magie du ciel qui, en douce, alors que tout le monde fête à tue-tête les douze coups de minuit, nous fait basculer dans une nouvelle plage de temps, immaculé comme la neige qui se devrait alors de tout recouvrir. La neige comme une transition entre le monde de la veille et celui tout neuf d’aujourd’hui. La neige qui change tout – même si rien ne change –, nous force à lever les yeux, le nez contre la vitre, hypnotisé par la chute lente de gros flocons aussi légers que des plumes.

La neige du jour de l’An, malheureusement, se fait de plus en plus rare. Ma mère aime à raconter comment son oncle Adolphe venait chez mes grands-parents le jour de l’An, ce jour des étrennes, des vœux et pour ma mère et lui, le jour des batailles de boules de neige dans le jardin. Heureux temps d’avant, si loin des vœux par texto et des cadeaux à peine reçus et déjà revendus. Et puis, qui étrenne encore ses grands-parents, ses oncles ou ses lointains cousins ? Plus grand monde à vrai dire. Et si vœux il y a, ils sont bien souvent quelque peu convenus, forcés, souhaités par convenance. Le Nouvel An est mort. Nulle aigreur de ma part, juste un constat triste mais qui ne m’affecte pas. Moi, je continue à fêter ce jour à ma manière, en sourdine, attentive au ciel et aux constellations que j’aime à contempler. Cassiopée, la Grande Ourse et surtout Orion, ma préférée, dont les étoiles brillent je trouve cette nuit là d’une lueur particulière.

Il ne manque que la neige, la danse des flocons et leur musique silencieuse, ce « cadeau qui descend du ciel », le plus beau des cadeaux du Nouvel An lorsque l’on sait que la structure des flocons de neige nous révèle la structure même de l’univers … de l’infiniment grand à l’infiniment petit, et inversement, le mystère du monde en un spectacle merveilleux. Que demander de plus ?

***

En guise de cadeau du Nouvel An, je souhaitais vous offrir l’écoute d’une ancienne émission « Sur les épaules de Darwin » de Jean Claude Ameisen sur France Inter. Une émission intitulée « Un cadeau de Nouvel An » dans laquelle, de manière à la fois scientifique et poétique, nous apprenons comment Johannes Kepler, mathématicien impérial de la cour, à Prague, auprès de Rudolf II, offrit à son maître et mécène « un cadeau de Nouvel An des plus désirables pour l’amoureux du Rien – un cadeau digne d’un mathématicien, puisqu’il descend du ciel et ressemble à une étoile. ».

Un cadeau qui, « tout en étant proche de Rien, pourrait pourtant être aussi l’occasion d’une réflexion subtile ».

Cette émission, dont j’ai précieusement conservé le podcast, m’avait émerveillée. J’espère – ou plutôt j’en suis sûre – qu’il en sera de même pour vous.

Alors, bonne écoute et surtout, bonne année à tous !

Et attendons la neige …

Pour écouter « Un cadeau de Nouvel An », c’est ICI

Johannes Kepler (1571-1630)

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