Auteur : Virginie M.

Album photo (Venise, juin 2019)

Lorsque j’ai démarré ce blog, il y a un peu plus de quatre ans (Ma tasse de thé fêtera ses cinq ans en juin prochain !), je m’étais fixé comme règle de toujours associer textes et images en proportion plus ou moins égales ; ce que je n’ai cependant pas toujours respecté … Je faisais d’ailleurs récemment le constat de textes prenant le pas sur mes images alors même que mon Olympus ne quitte pas mon sac à main et que photographier équivaut pour moi à une prise de notes.  Alors pourquoi ne pas poster de temps à autre des photos, rien que des photos ? Des images sans paroles  … de tout ce qui est ma tasse de thé ! Voilà donc le premier « album photo » d’une série à constituer.  

Le cadeau de Venise

Mercredi 26 juin – Nous devions quitter Venise dans l’après-midi. Nos deux valises étaient faites, l’appartement rangé et à 11 heures nous traversions pour la dernière fois un campo de l’arsenal blanc de chaleur pour nous diriger vers San Zanipolo. Nous n’avions pas vraiment de but hormis celui de faire une dernière balade, de rester encore un peu au creux de la ville, de ne pas la quitter, pas encore, pas tout de suite. Nous marchions en silence, très lentement comme si le rythme de nos pas pouvait retarder l’heure du départ. Nous cherchions l’ombre, frôlant les murs de brique ocre, levant parfois les yeux vers l’opulence d’un jasmin s’échappant d’un jardin invisible et dont nous avions perçu le parfum sucré. La chaleur avait vidé les ruelles et même le chat de la corte del Anzolo nous regarda passer avec indifférence tout à sa somnolence dans une jardinière de plantes grasses. Le ciel était infiniment bleu et mon âme mélancolique. C’est au débouché de la calle Donà, alors que nous venions de franchir le ponte …

Petit matin d’été à Venise

Mardi 27 juin, sept heures. La clim ronronne doucement et les volets clos ne laissent passer qu’un mince rayon de soleil. Je suis éveillée depuis un bon moment, bien avant que le réveil ne sonne, et n’ai plus du tout sommeil. J’attrape d’ailleurs mon téléphone, annule la fonction réveil et me glisse sans bruit hors du lit. A Venise, me lever tôt est un plaisir. Moi pour qui quatre sonneries programmées à cinq minutes d’intervalle sont habituellement nécessaires, je m’étonne de n’éprouver ici aucune difficulté à être debout assez tôt, parfaitement éveillée et d’une impatience qui me fait sourire ; car je veux sortir, comme les chats, retrouver la ville au petit matin, encore calme et presque déserte. Nous sommes là depuis moins d’une semaine et la balade matinale que je m’accorde m’est vite devenue indispensable. Car à Venise, plus que partout ailleurs, il faut savoir être seul, suivre égoïstement le fil de ses découvertes et de ses émerveillements, ne pas se laisser happer par la compagnie d’amis qui, même s’ils peuvent être charmants, n’adopteront …

La forêt, la forêt, la forêt …

La nuit, souvent, je pense à la forêt. Je me couche tard, toujours trop tard, à l’heure où la ville est absolument silencieuse livrée aux chats, aux chauves-souris et au vent qui s’engouffre dans ses artères désertes, et là, avant que le sommeil ne vienne, je pense à ma forêt, ma forêt des Vosges du Nord ou plutôt de ce territoire, si l’on veut être géographiquement précis, que l’on nomme Vasgovie. J’aime imaginer qu’à quelques centaines de kilomètres, dans la nuit si noire de la forêt, les arbres bougent doucement sous le vent. J’aime m’imaginer collant une oreille contre leurs troncs – parfaites caisses de résonance -, fermant les yeux pour y écouter les craquements de navire de leurs branches mouvantes. La nuit, je suis dans la forêt, sur le chemin qui mène au Falkenstein, je peux sentir sous mes pieds le moelleux du sol sableux, je peux caresser le grès rose du château, cette roche rugueuse, froide et dure comme le ciel et les étoiles qui depuis des siècles veillent sur ce fragment de …

Asperges à la flamande

Pour moi, les asperges sont synonyme de printemps. Les vertes notamment que je trouve en accord parfait avec les feuilles toutes neuves, tendres et de ce vert acide qui donne envie de les manger. Alors, déguster des asperges c’est un peu comme croquer le printemps. Pour les accompagner rien ne vaut bien-sûr une sauce hollandaise. Mais c’est un peu long et délicat à réaliser, alors je les prépare à la flamande, à la fainéante devrais-je dire tant cela est simple et rapide. Et puis l’alliance des œufs, du persil, du beurre fondu et des asperges est tout bonnement divine. C’est l’entrée parfaite en cette saison. Voilà la recette : Asperges à la flamande Pour une entrée généreuse pour 4 personnes – 1,5 kg d’asperges blanches et vertes – Environ 125 g de beurre – Un bouquet de persil plat – 4 œufs – Sel et poivre Eplucher les asperges. Cuire les œufs durs puis les refroidir, les écaler et les écraser grossièrement à la fourchette, faire fondre le beurre dans une petite casserole (attention, il …

Parlez-vous belge ?

Monsieur Bruxelles est exotique. Il me surprend tous les jours en truffant nos conversations d’expressions typiquement belges ou de mots de brusseleir, ce parler bruxellois qui tend à disparaitre mais que l’on peut encore entendre chez les vrais autochtones (mon Bruxelles est de ceux-là). Des exemples ? Allez ! Un petit récit prétexte, juste pour vous faire sourire et vous laisser deviner le sens de mots parfois si étrangement comiques … Dimanche dernier, nous étions invités à un barbecue avant l’heure – je pourrais même dire très très avant l’heure, car, pour moi, sortir un barbecue par 10°c en plein mois de février, c’est un peu tôt. Mais le Belge est ainsi fait, qu’au premier rayon de soleil, c’est l’été et on l’entend s’exclamer, alors qu’il sirote une bière en terrasse : »Ah, mais qu’est-ce qu’il fait doef ici ! ». Pour tout vous dire, je n’avais pas trop envie de m’y rendre à ce barbecue mais Suske* (mon bruxellois) ne résiste pas à l’appel de la viande grillée. « Allez fieke ! Tu vas voir ça va …

La Poste …

Je déteste aller à la poste. Et cela dit, je m’y rends rarement. Parfois pour retirer un colis ou une lettre recommandée ou, comme hier, pour poster une carte de vœux, car sinon je m’arrange toujours pour avoir des timbres sous la main, à la maison, au bureau, dans mon sac, et pour n’avoir qu’à glisser mes courriers déjà affranchis dans une boite aux lettres. Me rendre à la poste est toujours une épreuve. Je sais d’avance que j’y ferai la queue, bien souvent coincée entre une Dame aux camélias – qui semble devoir expulser ses poumons à chaque quinte de toux –, un marmot braillard qui, de manière légèrement sadique, vous défie du regard tout en s’égosillant – le monstre ayant compris que vous ne pouvez ni le frapper, ni lui intimer l’ordre de se taire – ou un semi-clodo dont la dernière douche doit remonter à plusieurs mois. Ces jours là, pour parfaire la « punition », il pleut à torrent et l’air est saturé d’humidité (vecteur parfait – je l’imagine toujours avec …

Vosges du Nord, des châteaux et la forêt

Peut-on se passer de la forêt ? Je ne crois pas. À un moment ou à un autre, on y revient toujours. La forêt est en nous, refuge ancestral, territoire des fées, berceau des mythologies, à jamais mystérieuse et secrète. La forêt est un monde en soi, un animal végétal. La forêt nous accompagne, nous protège, nous console. La retrouver c’est se retrouver. Et là, dans cette petite portion d’un territoire délimité par la frontière allemande, le département de la Moselle et la plaine d’Alsace, je m’y retrouve. C’est un retour aux sources, mon « recours aux forêts », à ma forêt. Et si je dis ma forêt, c’est que j’y suis un peu chez moi tout comme les biches, les écureuils roux et les mésanges qui la peuplent. Ils y sont nés, y sont chez eux. Moi, je pourrais presque y être née. Je n’avais en effet qu’un peu plus de huit mois quand mes parents m’y promenèrent durant tout ce qui fût mon premier été, tirant (j’imagine non sans mal) ma poussette sur …

Le temps de Bellini

J’aime les hasards qui n’en sont pas, les enchainements de circonstances, les ricochets que propose la vie pour finalement nous mener à ce que nous attendions sans même parfois en avoir conscience. En février dernier, je partais à Venise car Venise me manquait mais aussi parce que je voulais y découvrir une certaine peinture de Giovanni Bellini. C’était là un des buts de mon voyage. Ce qui me mena à Bellini ? La musique. Quelques mois plus tôt, en décembre et alors que je me rendais au travail, je pianotais comme à mon habitude sur l’autoradio passant de radio Classique à France Musique, cherchant une musique en accord avec le froid vif et le ciel gris-bleu, avec ce temps d’avant Noël dont la magie, même là, enfermée dans ma Lancia, était bien palpable. Je voulais Bach ou Vivaldi, je voulais une musique comme venue du ciel, une musique qui élève l’âme et transcende le temps, nous projette dans un espace mental où la médiocrité n’a plus de prise, loin de la trivialité de nos petites …

Petites crèmes au citron

Il y a quelques semaines, alors que je composais le menu d’un déjeuner d’inspiration italienne devant réunir mes parents et des amis, je buttais sur le choix du dessert. Je souhaitais quelque chose de léger car j’avais prévu après le potage de tomates jaunes (une délicieuse invention de Diane) et le risotto à l’estragon et aux pignons grillés, des filets de rougets accompagnés d’une caponata, le tout suivi par du Gorgonzola proposé dans sa version classique et dans sa version cremoso ; c’est-à-dire plus affinée et si crémeuse qu’il se sert à la cuillère comme le Mont d’Or. Le dessert se devait donc de clore le repas sans plus alourdir les estomacs. J’écartais ainsi Cassata, cannoli, tiramisu, torta … Il me fallait plutôt un dessert acidulé et léger mais toujours d’inspiration italienne. Je passais des heures plongée dans nos livres de recettes et sur internet à la recherche du dessert adéquat. Un vrai casse-tête. D’autant que parmi mes amis je compte des intolérants au gluten et un sportif on ne peut plus sympathique mais très …