Auteur : Virginie M.

Burano

Aussi incroyable que cela puisse paraître, je n’étais jamais allée à Burano, découragée à l’idée de devoir affronter les troupes de touristes d’un jour que cette île attire comme un aimant. Autant à Venise on peut les semer, autant cela m’a toujours semblé plus difficile sur cette ile minuscule. Mais la pandémie ayant eu au moins le mérite de tenir à distance les hordes de barbares, je me décidai à quand même y passer une journée. Levée très tôt, je filai prendre le vaporetto sur les Fondamente Nove. Une petite demi-heure de marche sans croiser grand monde – heure matinale oblige – par les chemins connus de la Celestia et de San Zanipolo. Arrivée sur le ponton je déchantai quelque peu. Une vingtaine de touristes déjà épuisés par la chaleur attendaient le vaporetto pour Burano, des français pour la plupart à l’exception d’une tonitruante famille d’allemands dont le petit dernier avait été affublé d’une casquette de marin portant l’inscription « Venezia ». Pauvre gosse. On repère vite les gêneurs qui nous gâcherons à coup sûr un moment …

Venise encore, Venise toujours

17 juin 6h20. Mon avion décolle de Bruxelles direction Venise. J’y retourne enfin, soulagée que ce voyage soit finalement possible. Les frontières sont restées ouvertes et l’Italie a levé la quarantaine imposée jusqu’en avril aux voyageurs. Il aura quand même fallu montrer patte blanche, se plier à nouveau au goupillonement nasal, remplir des questionnaires, montrer des attestations puis attendre, légèrement angoissée, au comptoir d’enregistrement de Brussels Airlines des vérifications on ne peut plus pointilleuses mais maintenant, ça y est, je suis partie. L’avion a traversé l’épaisse couche de nuages flottant au-dessus de Bruxelles et vole dans le bleu ciel d’un petit matin de juin. Dans moins de deux heures je serai là-bas, enfin. *** Pourtant en octobre dernier, alors même que je quittais Venise, je m’étais dit que je n’y reviendrais pas de sitôt. Il me semblait en effet avoir eu mon content de balades, de peintures, de lumière matinale sur les ocres-roses des maisons et les marbres des palais, de calli désertes et de cette musique si particulière de la ville … J’avais la …

Un gâteau vénitien …

C’est bizarre la vie d’une recette. Enfin, celles que l’on griffonne sur un bout de papier alors que nous en suivons, hypnotisés, la réalisation dans une émission de cuisine. On les oublie, puis un jour on s’en souvient, les redécouvrant au hasard d’un classement militaire de nos nombreuses fiches culinaires. Ce fût le cas de cette recette de Nigella Lawson dont je suivais – il y a de cela des lustres – les émissions (en anglais, ça ne fait pas de mal) sur Cuisine TV. J’étais fascinée par son côté décomplexé, faisant de l’approximatif une qualité et d’une simplicité opulente, mais néanmoins très smart, un synonyme de convivialité. Et puis, la fin de chaque séquence la montrant se relevant la nuit, ouvrant son frigo pour déguster debout et en pyjama un reste de gâteau, de crème ou de poulet, me réjouissait. Mais je reviens à cette recette de gâteau vénitien. Je le réalisai pour la première fois un samedi après-midi de pluie à Bruxelles, légèrement dubitative quant au résultat. On trouvait en effet dans la …

Les détails

La peinture ancienne est énigmatique. On a beau tenter d’en percer les mystères, je pense que finalement, elle ne livre jamais tout. On peut passer des heures enfermé dans un musée, se planter devant une toile et la regarder jusqu’à épuisement, eh bien on en ressort souvent bredouille ou plutôt avec plein de questions. Et finalement ce n’est pas si mal. Les historiens de l’art nous éclairent, oui, et c’est tant mieux, mais seulement un peu. Car tout est question de regard, d’interprétation, de supputation. Replacer les œuvres dans leur contexte, s’intéresser à l’histoire, à la géographie, cela va de pair pour comprendre Carpaccio, Bellini, Brueghel ou Memling. N’empêche que, sauf à se télé transporter dans le passé et atterrir dans leur atelier, personne ne saura jamais vraiment … Et que dire des visages de ces peintures et des détails qui sont parfois autant de trésors pour qui veut vraiment regarder. Les détails, fabuleux indices, clins d’œil, témoignages de la vie d’alors, messages envoyés par le peintre à travers les siècles … ils me fascinent. …

Gypso …

Lorsque je suis à la campagne, loin de la métropole lilloise et de ses territoires perdus, j’oublie pour un temps la violence et l’agressivité de ceux qui, la bave aux lèvres et la haine dans le regard, massacrent votre voiture à coups de pied car vous avez eu l’impudence d’actionner l’ouverture automatique de la grille de votre parking alors qu’ils passaient par là. Je sais de quoi je parle puisque j’en ai fait l’expérience récemment et, soit dit en passant, cela m’a coûté la bagatelle de mille euros en réparation de carrosserie… Rien d’extraordinaire me direz-vous ; cette violence faisant maintenant partie du quotidien des grandes villes. D’ailleurs on vit avec, adoptant des comportements défensifs et anticipant les agressions possibles. Cela dit, parfois je n’en peux plus et me félicite de pouvoir filer à la campagne. Là, c’est encore un autre monde. La plupart des gens sont assez placides, se saluent au supermarché et engagent facilement la conversation. Quant aux jeunes du village, ils se retrouvent dans la cabine de bus en face de la maison …

Cartes de Voeux

Ah l’heureux temps des cartes de vœux ! Enfin, le temps où l’on en recevait encore … Les textos, parfois des plus laconiques (« B.an 21 ! ») les ayant remplacées. Cela est consternant mais c’est ainsi. Il en va des vœux comme de tout, c’est-à-dire que la facilité remplace l’exigence et surtout l’envie de faire plaisir, tout simplement. J’ai toujours pensé qu’une carte de vœux choisie avec soin et répondant au double critère de nous ressembler et de plaire à son destinataire était un petit cadeau postal. Comme toute vraie correspondance d’ailleurs ; une enveloppe de papier vergé sur laquelle on aura eu soin de coller un beau timbre étant la cerise sur le gâteau. Mais bon pour cela il faut se rendre dans une papeterie, acheter une carte de vœux, l’écrire – et là, plus question d’être trop bref – puis affronter la queue toujours interminable au guichet « envois » de la poste. Il faut prendre du temps, oui. Pourtant cela en vaut la peine. Je suis pour ma part toujours ravie de découvrir dans ma boite aux lettres …

Christmas cake

Autant l’avouer, je suis une fan absolue de la série britannique Downton Abbey. Alors quand mes yeux se posèrent sur Downton Abbaye, recettes de Noël, exposé en bonne place au Furet du nord, j’en saisi un exemplaire, le feuilletai avec délectation – découvrant de superbes photos, une mise en page élégante et des recettes à l’avenant – puis me dirigeai vers les caisses, un exemplaire sous le bras et un sourire de satisfaction aux lèvres. Car si j’aime Downton Abbey, j’aime aussi Noël et l’idée de tester de nouvelles recettes anglaises comme ce Christmas cake. La photographie figurant à côté de la recette me donna en effet immédiatement envie de faire ce gâteau, promesse de réconfort, d’authenticité et de Noël traditionnel. Qu’il est loin en effet le temps où ma grand-mère petite-fille s’émerveillait d’une orange et où amandes et figues séchées composaient un dessert de fête. Ce cake de Noël me semblait parfait. A la fois simple et somptueux car riche en raisins secs, amandes, zestes d’agrumes, parfumé au Cognac et décoré de fruits confits. …

Venise d’automne : album photo

Au risque de lasser ceux que Venise laisse de marbre, mais en pensant à ceux qui comme moi n’ont de cesse que de s’y rendre même virtuellement, j’ai sélectionné quelques photos sans prétention, prises lors de mon dernier séjour et reflet de ce j’aime particulièrement. Certains reconnaitront facilement le canal de l’arsenal, le campo San Zanipolo, les Zaterre, San Giorgio … Mais finalement peu importe, il n’est pas question ici de proposer un mini-guide touristique mais plutôt des fragments de la ville, une lumière, des couleurs … Tout ce qui pour moi fait Venise. J’espère que ces quelques images parleront à ses amoureux en attendant que nous puissions retrouver enfin Venise pour de vrai. Et là, en cette fin décembre, à la veille d’une troisième vague, et au lendemain d’un nouveau confinement en Italie, cela semble malheureusement compromis … Pour l’heure, des images en attendant le retour.

Un café ou un spritz ? Deux, trois adresses à Venise …

Loin de moi l’idée de vous donner une liste exhaustive de tous les cafés de Venise mais plutôt de partager quelques adresses que j’apprécie tout particulièrement. Car à Venise, prendre le temps de savourer un espresso, un petit gâteau ou un spritz fait selon moi partie du bonheur de vivre la ville. Quoi de mieux en effet que de déguster un café tout en étant à la fois parfaitement détendu et d’une attention extrême à tout ce qui nous entoure. Une expérience multi sensorielle comme je l’écrivais dans mon précédent article … Et puis, pour connaitre véritablement une ville, j’ai toujours pensé qu’il n’y a pas mieux que les librairies et … les cafés. Certaines adresses ne sont plus à présenter mais, je me suis aperçue que, malgré tout, certains répugnent à s’y rendre, par snobisme sans doute – le « trop connu » devant être pour eux synonyme de vulgaire – ou par crainte d’une addition trop salée. Dans les deux cas, c’est idiot. Du troquet minuscule aux ors de chez Florian, Venise dévoile là aussi …

Venise d’automne

Je devais m’y rendre en juin. Ce fût partie remise, l’épidémie ayant eu raison de notre liberté. Coincée, j’étais coincée. Je repoussai donc mon vol et la réservation de mon appartement de l’arsenal à fin septembre me disant qu’après tout, je ne connaissais pas Venise en automne, que les jours devaient encore y être doux, la lumière dorée et les touristes pas trop nombreux. Je croisais quand même les doigts, priant pour que la deuxième vague ne m’empêche de partir. Ce qui s’avéra inutile. On a beau prier, le pire est toujours certain. Deux jours avant mon départ, l’Italie instaurait de nouvelles règles d’entrée sur son territoire obligeant les voyageurs à fournir un test covid négatif … Autant dire que ce fût une course effrénée. Trouver un laboratoire, faire un test et surtout obtenir des résultats en moins de 24 heures s’avéra un véritable parcours du combattant. J’atterris finalement dans un drive dédié au goupillonnement nasal et obtins mon résultat en moins de douze heures. Ouf, je pouvais partir. La suite cependant fut tout aussi …