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Petites crèmes au citron

Il y a quelques semaines, alors que je composais le menu d’un déjeuner d’inspiration italienne devant réunir mes parents et des amis, je buttais sur le choix du dessert. Je souhaitais quelque chose de léger car j’avais prévu après le potage de tomates jaunes (une délicieuse invention de Diane) et le risotto à l’estragon et aux pignons grillés, des filets de rougets accompagnés d’une caponata, le tout suivi par du Gorgonzola proposé dans sa version classique et dans sa version cremoso ; c’est-à-dire plus affinée et si crémeuse qu’il se sert à la cuillère comme le Mont d’Or. Le dessert se devait donc de clore le repas sans plus alourdir les estomacs. J’écartais ainsi Cassata, cannoli, tiramisu, torta … Il me fallait plutôt un dessert acidulé et léger mais toujours d’inspiration italienne. Je passais des heures plongée dans nos livres de recettes et sur internet à la recherche du dessert adéquat. Un vrai casse-tête. D’autant que parmi mes amis je compte des intolérants au gluten et un sportif on ne peut plus sympathique mais très …

Confitures

Je suis plutôt cigale que fourmi. Mettre de côté, penser à l’avenir, épargner, économiser sont des choses que je ne sais pas faire. J’ai d’ailleurs toujours pensé que compter ses sous et les planquer à la Caisse d’Epargne manquait sérieusement d’élégance. Au grippe-sou mesquin, j’ai toujours préféré le bohème flamboyant. Je ne mets rien de côté sauf, à bien y réfléchir, trois choses : des livres qui attendent leur heure de lecture, des jours de congé (au travail mon compte « épargne-temps » – quelle drôle d’appellation quand on y pense – est gonflé au maximum car le ras-le-bol extrême ou l’opportunité d’un voyage extraordinaire n’étant pas à exclure, je mets de côté de la liberté !) et enfin, des confitures … Depuis quelques années, j’en fais chaque été et éprouve un plaisir d’Harpagon à contempler mes dizaines de pots alignés sur les étagères du cellier ; la comparaison s’arrêtant là car je fais de la confiture avant tout pour les autres. Savoir que l’hiver venu, famille et amis pourront étaler sur la brioche du …

Krakinoskis (gâteau russe à la rhubarbe)

À Doudeauville, pas de potager (il faudrait y vivre en permanence) mais de pleines potées d’herbes aromatiques, de fraisiers, de thulbagias, de verveine citronnelle, un énorme parterre d’oseille, de la livèche (ou céleri vivace), des fleurs comestibles et un grand carré de rhubarbe ; quatre beaux pieds qui se plaisent fort bien au fond du jardin (ombre et fraicheur du sol). D’avril à juillet, leurs grandes feuilles se déploient dissimulant des tiges striées de carmin, mini forêt tropicale refuge des grenouilles rousses. J’aime, à la tombée du jour, enfiler mes bottes, empoigner un panier et traverser le jardin quand je viens juste de décider que j’ai bien envie de faire un gâteau à la rhubarbe ! Il m’en faut 4 ou 5 beaux bâtons que je casse d’un coup sec en tirant sur la tige. Je supprime leurs feuilles, les jette sur le tas de compost et regagne la maison sans trop me presser. L’air est plus frais, la lune, pâle croissant jaune paille, s’est levée dans un ciel sans nuage et le chant fluté …

Biscuits de Noël alsaciens

Pas de vrai Noël sans nos petits biscuits alsaciens. Ceux qui me lisent connaissent mon amour de l’Alsace dont le parfum de cannelle et les maisons à colombage imprégnèrent mon enfance. Noël est par excellence la fête des enfants et pour peu que l’on en soit resté un, le rituel de la confection de ces petits biscuits est une fête avant la fête. Dimanche dernier fût l’une de ces journées. Depuis le matin le ciel était d’un gris opaque et la neige tombait sans discontinuer ; tantôt à gros flocons ronds et moelleux soudainement bousculés par des bourrasques glacées, tantôt en poudre de cristaux impalpables qui se transformaient en nuages de neige lorsque le vent soufflant en rafale se faisait plus violent. Dehors, pas un chat, pas un merle, juste les silhouettes sombres de quelques passants glissant prudemment sur les trottoirs. La ville avait disparu ou plutôt s’était transformée en une esquisse d’elle-même ; les contours des maisons devenaient flous, les voitures disparaissaient sous le blanc tout comme les réverbères et les arbres. Un temps …

En Provence (adresses gourmandes) – 2/2

Un pays, une région, se visitent aussi avec les papilles. Alors, je vous livre, en guise de conclusion du récit de notre balade estivale, quatre adresses à découvrir sur place mais aussi, pour certaines d’entre-elles de gourmandises à vous faire livrer (bonheur de la commande par internet qui mettra illico prestissimo la Provence sur votre table et du soleil dans votre hiver !). Moulin Jullien (miel et huile d’olive) – Saint-Saturnin-lès Apt J’ai découvert ce producteur il y a quelques années alors que je désespérais de trouver un bon miel de lavande. J’avais écumé les quelques boutiques spécialisées, notamment à Bruxelles, et les magasins bio mais leur miel était soit quelconque soit d’origine indéterminée (miel issu de l’Union Européenne …). Il ne me restait donc qu’à taper les bons mots-clefs afin de trouver la perle rare sur internet. Ce fut long – peut-être en raison de mes critères : il fallait que le miel soit de Provence et bio, mais sans que le producteur ne me coupe l’appétit (exit donc les babas cool barbus, écolos …

Smeus

Smeus ou pommes de terre et crevettes grises à la mode belge … Encore une recette belge me direz-vous ? Oui, mais j’aurais quelques scrupules à ne pas la partager tant ce plat est un délice. C’est mon monsieur, archétype du Belge gourmand (mais néanmoins gourmet), friand de frites, de bière trappiste, de filet américain* et de crevettes grises qui me le fit découvrir il y a maintenant quelques années. Un soir, arrivant à Bruxelles directement du travail, c’est-à-dire exténuée et affamée, je le trouvais installé à la table de la cuisine devant une montagne de crevettes qu’il décortiquait une à une, patiemment, et avec une dextérité qui ne pouvait être que le fruit d’une longue expérience et d’un apprentissage précoce – chez sa grand-mère à Knokke-le-Zoute m’expliqua-t-il où on les dégustait au petit déjeuner avec des tartines de beurre salé. Le chat surveillait l’opération assis sur une chaise, le museau sur la table, stoïque. Je fis comme lui, piochant quand même deux crevettes, une pour le félin, une pour moi, afin que nous en …

Tartines belges, tartines de printemps

J’adore les radis et le printemps venu je ne résiste pas à leur belle couleur rose indien et leur croquant frais-piquant. J’aime les manger avec juste un peu de sel de Guérande, un très bon pain de campagne et du beurre salé, émincés en jolies rondelles dans une salade composée ou … sur des tartines ! Je ne connaissais pas cette recette avant que Monsieur Bruxelles n’évoque ses souvenirs gourmands de petit ket* et ces fameuses tartines belges. Depuis, à la belle saison, je prépare souvent en guise d’en-cas ou parfois pour l’apéritif, ces tartines belges (ou tartines de Bruxelles) qui, en dépit de leur extrême simplicité, sont assez raffinées et absolument délicieuses. Les photos parlent d’elles même et il est presque inutile de vous en donner la « recette » : pain de campagne, fromage blanc et oignons nouveaux hachés, radis en rondelles et ciboulette. Pour ma part, j’utilise un très bon pain bio de chez Alex Croquet à Lille – l’un des meilleurs boulangers au monde – ou de chez C’est si bon lorsque je suis à Bruxelles. …

Leçon de bonheur : Tarte Bourdaloue aux pommes et noix de pécan

Hier soir, rendez-vous chez le kiné. Rien de grave, juste une séance pour me rassurer et m’entendre dire que mon genou gauche se porte à merveille. En fin psychologue, mon kiné sait bien que, même si je suis loin d’être douillette et plutôt d’une nature courageuse et stoïque, je suis, malgré tout, légèrement angoissée dès qu’il s’agit de ma santé ; ou plutôt de la crainte d’être privée de liberté ! Je ne m’évanouis pas à la vue du sang, je peux endurer sans broncher la douleur d’un orteil cassé mais suis malade rien qu’à l’idée d’être contrainte à l’immobilité. Comme à notre habitude, alors que mon genou se pliait –au sens propre – aux exercices d’assouplissement, nous avons conversé. De fil en aiguille, après avoir évoqué les vœux de jadis (l’heureux temps où le mot étrennes avait un sens), nous avons déploré de concert cette généralisation du « chacun pour soi », du chacun replié sur son nombril à la recherche d’un équilibre intérieur et des gourous en tous genres aussi prompts à proposer …

Gâteau du dimanche

Le 15 juillet dernier, c’était l’anniversaire de mon père adoré qui, tout comme ma mère et mon frère, est né un lendemain de fête… Je suis la seule sérieuse de la famille puisque née peu après la rentrée des classes ; ce qui, soit dit en passant, aurait été un comble pour quelqu’un ayant détesté l’école si je n’étais venue au monde, en période de rentrée certes mais un vendredi soir et, qui plus est, à l’heure de l’apéritif … Mais bon, trêve de plaisanterie, je voulais juste partager avec vous ce « gâteau du dimanche » ainsi nommé par son créateur, le pâtissier alsacien Christophe Felder. Rien de plus simple, rien de meilleur : génoise imbibée d’un sirop vanille-kirsch, crème chantilly, fraises parfumées, encore de la crème et de la meringue pour la gaîté et parce que c’est joli. C’est un gâteau de fête, un gâteau des belles occasions, un gâteau d’été à la campagne, un gâteau du temps des fraises et de la douceur de l’air et aussi et surtout le gâteau d’anniversaire par excellence ! Ce gâteau …

Pâques et Reine de Saba

Comme tous les ans, nous avons fêté Pâques à la campagne. J’adore disposer dans la maison œufs multicolores, poules et lapins (on reste des enfants, n’est-ce pas ?) et cueillir les premières fleurs du jardin, indispensables pour fêter le renouveau. A Pâques, la tradition familiale veut que nous dégustions une «Reine de Saba » qui est, selon moi, le gâteau au chocolat le plus exquis qui soit. Ma mère en avait découvert la recette dans « La Bonne Cuisine », revue dont elle était fidèle lectrice, alors que mon frère et moi étions encore petits – mais déjà gourmets (plutôt que gourmands). Chocolaté à souhait, d’une texture moelleuse et fondante, ce gâteau avait enchanté nos papilles. Ma mère le trouvait – à juste titre – très élégant, et se prêtant parfaitement à différentes décorations. Il n’en fallait pas plus pour que la Reine de Saba devienne notre gâteau de fêtes. La première Reine de Saba fut donc suivie de beaucoup d’autres et il n’est pas de Pâques sans ce gâteau. D’ailleurs, le seul souvenir de sa texture si particulière …