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Parfum d’helichrysums

Vendredi 22 juillet, 9h30. Il fait chaud, déjà vingt-sept degrés et la température, nous dit Météo-France, atteindra les trente-cinq degrés cette après-midi. Je devrais m’en réjouir mais préfère me calfeutrer chez moi. Je supporte difficilement cette chaleur lourde, suffocante dont je sais pourtant qu’elle ne durera pas, car nous sommes dans le Nord. Et puis, la ville empeste ; un mélange de poussière et de l’odeur caractéristique des trottoirs crasseux souillés d’urine. Il ne fait pas bon être à Lille en période de canicule. Je n’aime de chaleur que celle du sud, celle des îles grecques, leur chaleur sèche et parfumée. • À Serifos, nous traversons des paysages lunaires, ocre-jaune, sous un ciel chauffé à blanc. Quarante degrés et la sensation de cuire doucement. Sur le siège arrière de la voiture l’eau en bouteille est brûlante et ne désaltère pas. Nous roulons, toutes fenêtres ouvertes. La poussière de la route se dépose partout, sur le tableau de bord et sur nos visages. Quand nous arrêtons la voiture et coupons le moteur, le silence se fait, nous …

Une robe jaune à Venise

J’ai toujours trouvé très kitsch l’idée de Venise ville des amoureux. La guimauve d’un romantisme convenu ne lui sied pas ; la ville mérite mieux, de la passion discrète ou du sexe brûlant, ou les deux, oui, mais sans le mièvre et les violons qui en font rêver beaucoup. Moi qui ne supporte pas que l’on me prenne la main en public et déteste les effusions ostentatoires, j’ai parfois frémi à l’idée que monsieur Bruxelles puisse m’embrasser place Saint Marc – mais, me connaissant, il ne s’y est jamais risqué. J’ai bien le souvenir d’un retour nocturne qui nous vit traverser la ville les doigts enlacés, mais nous étions seuls ! L’air était d’une douceur qui invitait à un certain laisser aller, à une mollesse d’après diner quand le vin, les pâtes et le tiramisu ont fait leur œuvre. Le reste du temps un regard, un frôlement léger suffisaient. Pas besoin de se donner en spectacle. Cependant, et cela pourra sembler contradictoire, je regarde toujours avec une certaine tendresse ces femmes qui, installées avec leurs compagnons aux …

Tous les lilas de mai

C’était à l’automne dernier, je partais au travail, j’étais en retard, comme d’habitude, et d’une humeur de chien ou plutôt d’une tristesse noire. Pourquoi ? Je ne m’en souviens pas mais je sais qu’il est dans ma nature de passer de la joie la plus extrême à la mélancolie la plus sombre. Je me connais. Je devais alors me sentir coincée entre travail et contraintes, mécontente de ma vie, seule, sans avenir, sans la moindre perspective heureuse … Bref, j’étais en pleine déprime. J’écoutais la radio – la voiture étant le seul endroit où je l’écoute – et pianotais sur l’autoradio, résignée à ne rien entendre qui me plairait car tout m’irritait. Mon doigt avait finalement enfoncé la touche 7, France Inter, où Augustin Trapenard annonçait que son invitée du jour allait se mettre au piano. Au point où j’en étais, j’écoutais, ne m’attendant à rien de bien. Ce fut tout le contraire. Quelques notes de piano, puis ces paroles On ne peut pas vivre ainsi que tu le fais, d’un souvenir qui n’est plus …

Désagréments

Mon lave-vaisselle vient de me lâcher tout comme mon four la semaine précédente. Adieu poulet rôti et bonjour vaisselle à la main ! Et un désagrément n’arrivant jamais seul, ma Lancia fait depuis quelques jours un bruit de mobylette trafiquée, le pot d’échappement vraisemblablement. C’est la vie, ou plutôt la loi des séries. Et cela n’est pas bien grave. Je peste juste à l’idée de devoir courir chez Boulanger et claquer près de deux mille euros dans de l’électroménager et d’avoir à remplacer un pot catalytique dont le prix est supérieur à un aller-retour Bruxelles-Venise … Cela dit, faire la vaisselle à la main est somme toute assez relaxant, voire une forme de méditation. J’en avais d’ailleurs déjà fait l’expérience à Doudeauville où le lave-vaisselle a eu la bonne idée de tomber en panne la veille de Noël nous forçant à renouer avec une activité dont nous nous croyions débarrassés à tout jamais. Et c’est là que j’ai redécouvert, non pas la joie, mais le bénéfice d’une telle activité qui n’est somme toute que concentration, organisation …

Gypso …

Lorsque je suis à la campagne, loin de la métropole lilloise et de ses territoires perdus, j’oublie pour un temps la violence et l’agressivité de ceux qui, la bave aux lèvres et la haine dans le regard, massacrent votre voiture à coups de pied car vous avez eu l’impudence d’actionner l’ouverture automatique de la grille de votre parking alors qu’ils passaient par là. Je sais de quoi je parle puisque j’en ai fait l’expérience récemment et, soit dit en passant, cela m’a coûté la bagatelle de mille euros en réparation de carrosserie… Rien d’extraordinaire me direz-vous ; cette violence faisant maintenant partie du quotidien des grandes villes. D’ailleurs on vit avec, adoptant des comportements défensifs et anticipant les agressions possibles. Cela dit, parfois je n’en peux plus et me félicite de pouvoir filer à la campagne. Là, c’est encore un autre monde. La plupart des gens sont assez placides, se saluent au supermarché et engagent facilement la conversation. Quant aux jeunes du village, ils se retrouvent dans la cabine de bus en face de la maison …

Cartes de Voeux

Ah l’heureux temps des cartes de vœux ! Enfin, le temps où l’on en recevait encore … Les textos, parfois des plus laconiques (« B.an 21 ! ») les ayant remplacées. Cela est consternant mais c’est ainsi. Il en va des vœux comme de tout, c’est-à-dire que la facilité remplace l’exigence et surtout l’envie de faire plaisir, tout simplement. J’ai toujours pensé qu’une carte de vœux choisie avec soin et répondant au double critère de nous ressembler et de plaire à son destinataire était un petit cadeau postal. Comme toute vraie correspondance d’ailleurs ; une enveloppe de papier vergé sur laquelle on aura eu soin de coller un beau timbre étant la cerise sur le gâteau. Mais bon pour cela il faut se rendre dans une papeterie, acheter une carte de vœux, l’écrire – et là, plus question d’être trop bref – puis affronter la queue toujours interminable au guichet « envois » de la poste. Il faut prendre du temps, oui. Pourtant cela en vaut la peine. Je suis pour ma part toujours ravie de découvrir dans ma boite aux lettres …

Le blog fête ses cinq ans !

Ma tasse de thé fête ses cinq ans et … quel drôle d’anniversaire ! Je n’ai pas écris une seule ligne depuis des mois laissant mon pauvre blog à l’abandon. Pas le temps, pas l’énergie nécessaire, l’inspiration en panne sèche. La faute à quoi ? Au confinement sans doute, à la vie absurde que nous avons menée alors – faire les courses devenant une véritable épreuve -, à l’enfermement que je ne supporte pas, à l’inquiétude qui me minait car je voulais à tout prix protéger mes parents, aux constats que je fis des amitiés et des amours perdues et à une sciatique tenace et sans nul doute psychosomatique car ne faisant que traduire mon malaise et mon empêchement. Bref la faute à cette Annus Horribilis comme dirait Elizabeth. Triste anniversaire donc mais … je me reprends. Après tout, je suis actuellement à la campagne pour les vacances et, touchons du bois, tout va bien. Je peux à nouveau faire des projets et l’avenir me semble un peu moins sombre. Et puis ce blog, je l’ai toujours …

Ce n’est pas ma tasse de thé (notes de confinement)

Notre président, chef de guerre à la petite-semaine, bouffi d’autosatisfaction, « content de lui jusqu’à l’explosion narcissique » comme le dit si bien Onfray, d’un mépris absolu envers le peuple, d’une arrogance élevée au rang de grand art se fiche de nous – aidé en cela par des médias à sa botte. C’est un fait. Il navigue à vue dans l’enfumage qu’il a lui-même produit, caresse dans le sens du poil les soignants, ces « héros » maintenant encensés alors qu’il n’avait pas levé le petit doigt pour sauver l’hôpital … On nous dit tout, on ne nous dit rien. Normal dans la dictature qui est la nôtre. Et puis, toujours comme le dit Onfray (personne d’autre que lui n’en parle à ma connaissance), la réalité – outre le mensonge de l’Etat – c’est aussi l’indiscipline des territoires perdus de la République et de ses habitants sans foi ni loi qui se moquent bien du confinement, font du trafic de masques, braquent les voitures des infirmiers et des médecins, narguent la police qui n’intervient pas …

Évidemment…

La vie étant ce qu’elle est – c’est-à-dire tout sauf un long fleuve tranquille -, il est parfois réconfortant de se laisser aller à une certaine mélancolie. Soigner le mal par le mal en quelque sorte. Ce début d’année me fût calamiteux. Bloquée de toute part, coincée dans le gris et sans perspective aucune d’amélioration à court terme -pour employer un langage que j’exècre mais qui est finalement à l’image de cette période de ma vie -, je dois ma survie aux petits riens. Ces petites choses sans importance qui éclairent notre journée et nous arrachent un sourire, fût-il intérieur. Rien n’arrive par hasard. Le corps parle pour nous et dans mon cas, m’empêcha d’avancer. Bloquée, complétement bloquée à l’orée d’une nouvelle décennie (2020 les amis !) et d’un âge (le mien) qui devrait pourtant me voir encore pétante de forme et d’un optimisme à toute épreuve. Oui, peut-être, enfin c’est ce que je croyais, après avoir soufflé mes bougies le 2 octobre et quitté mon monsieur, mais la vie se charge de nous freiner …

Parlez-vous belge ?

Monsieur Bruxelles est exotique. Il me surprend tous les jours en truffant nos conversations d’expressions typiquement belges ou de mots de brusseleir, ce parler bruxellois qui tend à disparaitre mais que l’on peut encore entendre chez les vrais autochtones (mon Bruxelles est de ceux-là). Des exemples ? Allez ! Un petit récit prétexte, juste pour vous faire sourire et vous laisser deviner le sens de mots parfois si étrangement comiques … Dimanche dernier, nous étions invités à un barbecue avant l’heure – je pourrais même dire très très avant l’heure, car, pour moi, sortir un barbecue par 10°c en plein mois de février, c’est un peu tôt. Mais le Belge est ainsi fait, qu’au premier rayon de soleil, c’est l’été et on l’entend s’exclamer, alors qu’il sirote une bière en terrasse : »Ah, mais qu’est-ce qu’il fait doef ici ! ». Pour tout vous dire, je n’avais pas trop envie de m’y rendre à ce barbecue mais Suske* (mon bruxellois) ne résiste pas à l’appel de la viande grillée. « Allez fieke ! Tu vas voir ça va …