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Évidemment…

La vie étant ce qu’elle est – c’est-à-dire tout sauf un long fleuve tranquille -, il est parfois réconfortant de se laisser aller à une certaine mélancolie. Soigner le mal par le mal en quelque sorte. Ce début d’année me fût calamiteux. Bloquée de toute part, coincée dans le gris et sans perspective aucune d’amélioration à court terme -pour employer un langage que j’exècre mais qui est finalement à l’image de cette période de ma vie -, je dois ma survie aux petits riens. Ces petites choses sans importance qui éclairent notre journée et nous arrachent un sourire, fût-il intérieur. Rien n’arrive par hasard. Le corps parle pour nous et dans mon cas, m’empêcha d’avancer. Bloquée, complétement bloquée à l’orée d’une nouvelle décennie (2020 les amis !) et d’un âge (le mien) qui devrait pourtant me voir encore pétante de forme et d’un optimisme à toute épreuve. Oui, peut-être, enfin c’est ce que je croyais, après avoir soufflé mes bougies le 2 octobre et quitté mon monsieur, mais la vie se charge de nous freiner …

Rentrée

M on retour à la réalité du travail est toujours un traumatisme. J’ai beau m’y préparer, retrouvant les vieux réflexes et les habitudes apprises dans l’enfance, rien n’atténue la difficulté du retour en prison. D’ailleurs, ce matin, alors que je buvais à petites gorgées ma tasse de thé, les yeux dans le vague du ciel désespéramment gris, j’ai senti monter une angoisse sourde, un malaise indéfinissable, une nausée familière. La nausée de la rentrée. Depuis que j’ai six ans, depuis l’école primaire, tous les ans, la même angoisse et aujourd’hui encore. Rentrée au travail, rentrée à l’école : même combat. Et ce n’est pas là un vain mot. Car c’est bien d’un combat à mener contre ma nature profonde dont il s’agit. Se contraindre, s’obliger, s’enfermer. Alors, comme tous les ans, j’anticipe, ne laissant rien au hasard pour ne plus devoir y penser ensuite. Hier soir, j’ai ainsi préparé, avec une rigueur toute militaire, vêtements, chaussures, sac et bijoux (ma tenue de combat) et même mon casse-croûte – rêvant de glisser dans mon panier une …

Le temps des Craven A

Qui se souvient des Craven A ? Vous savez, ces cigarettes anglaises dont le paquet rouge et blanc s’orne d’un chat noir … Pour ma part, je les avais oubliées jusqu’à la relecture, la semaine dernière, d’un texte de Lorenzo Cittone dans son excellent blog TramezziniMag. Lorenzo y évoque un passé d’étudiant à Venise, les cafés, les amis … tout un pan de jeunesse disparue, tout un pan de notre jeunesse perdue … J’ai toujours détesté l’école – synonyme pour moi de contrainte absolue – et même le lycée, même les Beaux-arts ne m’ont pas fait changer d’avis. Pour autant, les troquets de la fin des cours et la cafétéria des Beaux-arts ne me laissent pas de si mauvais souvenirs. On pensait alors que l’on avait le temps et que le monde nous appartenait. La vie s’est chargée ensuite de nous prouver que nous rêvions. Le billet de Lorenzo est empreint de cette nostalgie particulière qui se développe autour de la cinquantaine et qui nous fait presque regretter l’époque lointaine où nous étions jeunes, libres …

Les oiseaux de Sans Souci

Un chardonneret, une mésange huppée, un troglodyte-mignon.  Ils sont trois dans la chambre de mes parents, trois petits médaillons, trois souvenirs du Palais de Sans Souci ; le Palais de Frédéric II à Postdam que mes parents visitèrent lors d’un voyage en Allemagne de l’Est du temps où l’Allemagne se coupait en deux, du temps où j’étais toute petite et mon frère à peine conçu (ce qui m’a toujours fait dire qu’il visita Berlin avant moi …). La visite de ce palais leur avait laissé un souvenir enchanté et depuis, leur récit de la bibliothèque de Voltaire, des grosses pantoufles qu’ils avaient dû chausser pour ne pas érafler les parquets – mais glisser tels des patineurs – et des écureuils roux virevoltants dans les grands arbres du parc me faisait rêver. Aussi, lors d’un voyage professionnel à Berlin, il y a de ça quelques années, j’en profitais le dimanche avant mon retour pour filer à Postdam. Nous étions mi-février et le thermomètre était descendu très en dessous de zéro. Le quartier de Mitte où je …

On ne change pas

Hier soir, alors que je rentrais du travail, la voiture en quasi pilote automatique, je pianotais sur l’autoradio passant d’une station à l’autre sans m’y arrêter plus d’une seconde. Je n’étais pas d’humeur à écouter les nouvelles, pas d’humeur à écouter la Traviata, pas d’humeur à écouter mon émission favorite de jazz. En fait, je n’étais d’humeur à rien. Ma journée n’avait pas été mauvaise, non. Elle avait juste été maussadement inintéressante. Une journée morne coincée au travail alors que dehors c’est encore l’été. Oui, je sais, d’aucuns diront que mes propos ne sont pas ceux d’un adulte. Je sais … N’empêche que moi, quand il fait beau j’ai envie « d’aller jouer dehors »… Et c’est peut-être pourquoi, le hasard (le hasard ?) m’a fait écouter une chanson sur laquelle mon oreille s’est arrêtée. Une chanson de … Céline Dion. « On ne change pas », une chanson des années 90. Une chanson que j’adore en vérité. Et sans honte aucune ; même si, à l’époque de sa sortie, le CD 2 titres – dont j’avais fait l’acquisition en catimini …