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Venise d’automne : album photo

Au risque de lasser ceux que Venise laisse de marbre, mais en pensant à ceux qui comme moi n’ont de cesse que de s’y rendre même virtuellement, j’ai sélectionné quelques photos sans prétention, prises lors de mon dernier séjour et reflet de ce j’aime particulièrement. Certains reconnaitront facilement le canal de l’arsenal, le campo San Zanipolo, les Zaterre, San Giorgio … Mais finalement peu importe, il n’est pas question ici de proposer un mini-guide touristique mais plutôt des fragments de la ville, une lumière, des couleurs … Tout ce qui pour moi fait Venise. J’espère que ces quelques images parleront à ses amoureux en attendant que nous puissions retrouver enfin Venise pour de vrai. Et là, en cette fin décembre, à la veille d’une troisième vague, et au lendemain d’un nouveau confinement en Italie, cela semble malheureusement compromis … Pour l’heure, des images en attendant le retour.

Un café ou un spritz ? Deux, trois adresses à Venise …

Loin de moi l’idée de vous donner une liste exhaustive de tous les cafés de Venise mais plutôt de partager quelques adresses que j’apprécie tout particulièrement. Car à Venise, prendre le temps de savourer un espresso, un petit gâteau ou un spritz fait selon moi partie du bonheur de vivre la ville. Quoi de mieux en effet que de déguster un café tout en étant à la fois parfaitement détendu et d’une attention extrême à tout ce qui nous entoure. Une expérience multi sensorielle comme je l’écrivais dans mon précédent article … Et puis, pour connaitre véritablement une ville, j’ai toujours pensé qu’il n’y a pas mieux que les librairies et … les cafés. Certaines adresses ne sont plus à présenter mais, je me suis aperçue que, malgré tout, certains répugnent à s’y rendre, par snobisme sans doute – le « trop connu » devant être pour eux synonyme de vulgaire – ou par crainte d’une addition trop salée. Dans les deux cas, c’est idiot. Du troquet minuscule aux ors de chez Florian, Venise dévoile là aussi …

Venise d’automne

Je devais m’y rendre en juin. Ce fût partie remise, l’épidémie ayant eu raison de notre liberté. Coincée, j’étais coincée. Je repoussai donc mon vol et la réservation de mon appartement de l’arsenal à fin septembre me disant qu’après tout, je ne connaissais pas Venise en automne, que les jours devaient encore y être doux, la lumière dorée et les touristes pas trop nombreux. Je croisais quand même les doigts, priant pour que la deuxième vague ne m’empêche de partir. Ce qui s’avéra inutile. On a beau prier, le pire est toujours certain. Deux jours avant mon départ, l’Italie instaurait de nouvelles règles d’entrée sur son territoire obligeant les voyageurs à fournir un test covid négatif … Autant dire que ce fût une course effrénée. Trouver un laboratoire, faire un test et surtout obtenir des résultats en moins de 24 heures s’avéra un véritable parcours du combattant. J’atterris finalement dans un drive dédié au goupillonnement nasal et obtins mon résultat en moins de douze heures. Ouf, je pouvais partir. La suite cependant fut tout aussi …

Album photo (Venise, juin 2019)

Lorsque j’ai démarré ce blog, il y a un peu plus de quatre ans (Ma tasse de thé fêtera ses cinq ans en juin prochain !), je m’étais fixé comme règle de toujours associer textes et images en proportion plus ou moins égales ; ce que je n’ai cependant pas toujours respecté … Je faisais d’ailleurs récemment le constat de textes prenant le pas sur mes images alors même que mon Olympus ne quitte pas mon sac à main et que photographier équivaut pour moi à une prise de notes.  Alors pourquoi ne pas poster de temps à autre des photos, rien que des photos ? Des images sans paroles  … de tout ce qui est ma tasse de thé ! Voilà donc le premier « album photo » d’une série à constituer.  

Le cadeau de Venise

Mercredi 26 juin – Nous devions quitter Venise dans l’après-midi. Nos deux valises étaient faites, l’appartement rangé et à 11 heures nous traversions pour la dernière fois un campo de l’arsenal blanc de chaleur pour nous diriger vers San Zanipolo. Nous n’avions pas vraiment de but hormis celui de faire une dernière balade, de rester encore un peu au creux de la ville, de ne pas la quitter, pas encore, pas tout de suite. Nous marchions en silence, très lentement comme si le rythme de nos pas pouvait retarder l’heure du départ. Nous cherchions l’ombre, frôlant les murs de brique ocre, levant parfois les yeux vers l’opulence d’un jasmin s’échappant d’un jardin invisible et dont nous avions perçu le parfum sucré. La chaleur avait vidé les ruelles et même le chat de la corte del Anzolo nous regarda passer avec indifférence tout à sa somnolence dans une jardinière de plantes grasses. Le ciel était infiniment bleu et mon âme mélancolique. C’est au débouché de la calle Donà, alors que nous venions de franchir le ponte …

Petit matin d’été à Venise

Mardi 27 juin, sept heures. La clim ronronne doucement et les volets clos ne laissent passer qu’un mince rayon de soleil. Je suis éveillée depuis un bon moment, bien avant que le réveil ne sonne, et n’ai plus du tout sommeil. J’attrape d’ailleurs mon téléphone, annule la fonction réveil et me glisse sans bruit hors du lit. A Venise, me lever tôt est un plaisir. Moi pour qui quatre sonneries programmées à cinq minutes d’intervalle sont habituellement nécessaires, je m’étonne de n’éprouver ici aucune difficulté à être debout assez tôt, parfaitement éveillée et d’une impatience qui me fait sourire ; car je veux sortir, comme les chats, retrouver la ville au petit matin, encore calme et presque déserte. Nous sommes là depuis moins d’une semaine et la balade matinale que je m’accorde m’est vite devenue indispensable. Car à Venise, plus que partout ailleurs, il faut savoir être seul, suivre égoïstement le fil de ses découvertes et de ses émerveillements, ne pas se laisser happer par la compagnie d’amis qui, même s’ils peuvent être charmants, n’adopteront …

Le temps de Bellini

J’aime les hasards qui n’en sont pas, les enchainements de circonstances, les ricochets que propose la vie pour finalement nous mener à ce que nous attendions sans même parfois en avoir conscience. En février dernier, je partais à Venise car Venise me manquait mais aussi parce que je voulais y découvrir une certaine peinture de Giovanni Bellini. C’était là un des buts de mon voyage. Ce qui me mena à Bellini ? La musique. Quelques mois plus tôt, en décembre et alors que je me rendais au travail, je pianotais comme à mon habitude sur l’autoradio passant de radio Classique à France Musique, cherchant une musique en accord avec le froid vif et le ciel gris-bleu, avec ce temps d’avant Noël dont la magie, même là, enfermée dans ma Lancia, était bien palpable. Je voulais Bach ou Vivaldi, je voulais une musique comme venue du ciel, une musique qui élève l’âme et transcende le temps, nous projette dans un espace mental où la médiocrité n’a plus de prise, loin de la trivialité de nos petites …

Venise appartient à ceux qui se lèvent tôt …

Il est des réveils plus faciles que d’autres. Lorsque la sonnerie de mon téléphone retentit à 6 heures, j’étais déjà éveillée ou plutôt je somnolais comme un chat qui attend son heure, m’étirant de temps à autre tout en écoutant la pluie rebondir sur les dalles de ma micro terrasse. Il pleuvait encore. Pas de chance. Aucune lumière ne filtrait à travers les volets mais je savais que dans moins d’une heure le jour serait là, bien plus tôt que chez moi ; une demi-heure de décalage avais-je remarqué. Il me fallait donc être là-bas avant 7 heures. Je l’avais décidé ; me rendre au point du jour sur une piazza San Marco rendue à elle-même, désertée, emplie seulement du même calme étrange que celui de la salle de spectacle vidée de ses spectateurs. C’était le jour de mon départ, je voulais le rendre inoubliable. J’avais déjà fait l’expérience de la piazza déserte il y a quelques années. Alors que je devais me rendre à un rendez-vous de travail près de Santa Maria Formosa, j’avais …

Retrouver Venise (3/3)

L’une des deux peintures de Giovanni Bellini que je voulais découvrir se trouvait dans l’église de San Francesco della Vigna, au nord de la ville, dans un coin de Castello que je ne connaissais pas. J’étais donc doublement impatiente de m’y rendre en dépit de la pluie qui tombait sans discontinuer depuis le lever du jour. Le ciel était sombre, lourd de nuages, et le vent soufflait si fort que je devais tenir à deux mains le grand et solide parapluie noir prêté par l’hôtel. Le froid en était d’autant plus vif et je remerciais mentalement Max Mara pour la qualité de ses manteaux et les chèvres du Cachemire de produire des pulls aussi chauds … Je croisais peu de monde, essentiellement des vénitiens reconnaissables à leur pas rapide et à leurs vêtements de ville ; avez-vous remarqué que les touristes, pour la plupart, adoptent la tenue du touriste ? Chaussures de sport, coupe-vent, sac à dos et blouson en polaire … J’avais croisé, bien sûr, de très jolies japonaises vêtues avec élégance et d’une …

Retrouver Venise (2/3)

Les jours suivants, je déambulais donc, le nez au vent, un plan dans la poche. J’avais, certes, rendez-vous avec Giovanni Bellini mais j’avais le temps, tout mon temps et il faut d’ailleurs savoir ne pas se précipiter, attendre un peu, décaler la rencontre pour mieux la savourer ensuite. Je fais partie de ceux qui dégustent d’abord la boule de glace dont le parfum leur plait moins et gardent l’autre, qu’ils préfèrent, pour la fin. Je fis ainsi plusieurs longues balades dans Cannaregio au nord-ouest de la ville, quartier calme et à la fois très vivant, à l’écart des circuits touristiques car éloigné du cœur de la ville. Pour l’atteindre depuis les Zattere, je longeais le canal San Vio, attrapais le vaporetto pour remonter le Grand Canal jusqu’à San Marcuola. Puis, après avoir jeté un œil sur mon plan, mémorisé les directions à prendre et la structure des canaux principaux, je me perdais sans me perdre. A Venise chaque erreur est récompensée. Se perdre, hésiter permet de découvrir des merveilles.   Je croisais très peu de …