Tous les articles classés dans : balades & voyages

La forêt, les Vosges, la liberté

Mardi 7 septembre – Nous marchons depuis plus d’une heure sur un étroit sentier serpentant entre rochers et buissons de myrtilles. Le soleil filtre à travers les branches des sapins et des hauts pins sylvestres éclaboussant le sous-bois de tâches de lumière mouvantes. Il fait chaud, incroyablement chaud en ce début septembre, comme si l’été s’était enfin décidé à faire son travail après nous avoir infligé un temps catastrophique durant tout le mois d’août. Une mauvaise blague faite aux écoliers mais qui fait mon bonheur. L’été, la forêt s’offre d’une manière plus douce à ceux qui veulent s’y réfugier, permet la sieste le dos confortablement calé contre le tronc d’un arbre ou la pause thé que l’on étire à loisir car l’air est d’une douceur qui donne presque envie de pleurer. Je ne me suis pas sentie aussi bien depuis longtemps. Marcher, s’arrêter, regarder, humer le parfum de résine, ne penser à rien si ce n’est à mettre un pied devant l’autre en évitant de buter sur les rochers ou d’écraser des scarabées cheminant vers …

Burano

Aussi incroyable que cela puisse paraître, je n’étais jamais allée à Burano, découragée à l’idée de devoir affronter les troupes de touristes d’un jour que cette île attire comme un aimant. Autant à Venise on peut les semer, autant cela m’a toujours semblé plus difficile sur cette ile minuscule. Mais la pandémie ayant eu au moins le mérite de tenir à distance les hordes de barbares, je me décidai à quand même y passer une journée. Levée très tôt, je filai prendre le vaporetto sur les Fondamente Nove. Une petite demi-heure de marche sans croiser grand monde – heure matinale oblige – par les chemins connus de la Celestia et de San Zanipolo. Arrivée sur le ponton je déchantai quelque peu. Une vingtaine de touristes déjà épuisés par la chaleur attendaient le vaporetto pour Burano, des français pour la plupart à l’exception d’une tonitruante famille d’allemands dont le petit dernier avait été affublé d’une casquette de marin portant l’inscription « Venezia ». Pauvre gosse. On repère vite les gêneurs qui nous gâcherons à coup sûr un moment …

Venise encore, Venise toujours

17 juin 6h20. Mon avion décolle de Bruxelles direction Venise. J’y retourne enfin, soulagée que ce voyage soit finalement possible. Les frontières sont restées ouvertes et l’Italie a levé la quarantaine imposée jusqu’en avril aux voyageurs. Il aura quand même fallu montrer patte blanche, se plier à nouveau au goupillonement nasal, remplir des questionnaires, montrer des attestations puis attendre, légèrement angoissée, au comptoir d’enregistrement de Brussels Airlines des vérifications on ne peut plus pointilleuses mais maintenant, ça y est, je suis partie. L’avion a traversé l’épaisse couche de nuages flottant au-dessus de Bruxelles et vole dans le bleu ciel d’un petit matin de juin. Dans moins de deux heures je serai là-bas, enfin. *** Pourtant en octobre dernier, alors même que je quittais Venise, je m’étais dit que je n’y reviendrais pas de sitôt. Il me semblait en effet avoir eu mon content de balades, de peintures, de lumière matinale sur les ocres-roses des maisons et les marbres des palais, de calli désertes et de cette musique si particulière de la ville … J’avais la …

Venise d’automne : album photo

Au risque de lasser ceux que Venise laisse de marbre, mais en pensant à ceux qui comme moi n’ont de cesse que de s’y rendre même virtuellement, j’ai sélectionné quelques photos sans prétention, prises lors de mon dernier séjour et reflet de ce j’aime particulièrement. Certains reconnaitront facilement le canal de l’arsenal, le campo San Zanipolo, les Zaterre, San Giorgio … Mais finalement peu importe, il n’est pas question ici de proposer un mini-guide touristique mais plutôt des fragments de la ville, une lumière, des couleurs … Tout ce qui pour moi fait Venise. J’espère que ces quelques images parleront à ses amoureux en attendant que nous puissions retrouver enfin Venise pour de vrai. Et là, en cette fin décembre, à la veille d’une troisième vague, et au lendemain d’un nouveau confinement en Italie, cela semble malheureusement compromis … Pour l’heure, des images en attendant le retour.

Un café ou un spritz ? Deux, trois adresses à Venise …

Loin de moi l’idée de vous donner une liste exhaustive de tous les cafés de Venise mais plutôt de partager quelques adresses que j’apprécie tout particulièrement. Car à Venise, prendre le temps de savourer un espresso, un petit gâteau ou un spritz fait selon moi partie du bonheur de vivre la ville. Quoi de mieux en effet que de déguster un café tout en étant à la fois parfaitement détendu et d’une attention extrême à tout ce qui nous entoure. Une expérience multi sensorielle comme je l’écrivais dans mon précédent article … Et puis, pour connaitre véritablement une ville, j’ai toujours pensé qu’il n’y a pas mieux que les librairies et … les cafés. Certaines adresses ne sont plus à présenter mais, je me suis aperçue que, malgré tout, certains répugnent à s’y rendre, par snobisme sans doute – le « trop connu » devant être pour eux synonyme de vulgaire – ou par crainte d’une addition trop salée. Dans les deux cas, c’est idiot. Du troquet minuscule aux ors de chez Florian, Venise dévoile là aussi …

Venise d’automne

Je devais m’y rendre en juin. Ce fût partie remise, l’épidémie ayant eu raison de notre liberté. Coincée, j’étais coincée. Je repoussai donc mon vol et la réservation de mon appartement de l’arsenal à fin septembre me disant qu’après tout, je ne connaissais pas Venise en automne, que les jours devaient encore y être doux, la lumière dorée et les touristes pas trop nombreux. Je croisais quand même les doigts, priant pour que la deuxième vague ne m’empêche de partir. Ce qui s’avéra inutile. On a beau prier, le pire est toujours certain. Deux jours avant mon départ, l’Italie instaurait de nouvelles règles d’entrée sur son territoire obligeant les voyageurs à fournir un test covid négatif … Autant dire que ce fût une course effrénée. Trouver un laboratoire, faire un test et surtout obtenir des résultats en moins de 24 heures s’avéra un véritable parcours du combattant. J’atterris finalement dans un drive dédié au goupillonnement nasal et obtins mon résultat en moins de douze heures. Ouf, je pouvais partir. La suite cependant fut tout aussi …

Bruges d’automne

L’avantage de vivre à deux pas d’une frontière est de pouvoir s’échapper de temps à autre de l’autre côté, de sauter par-dessus les pointillés de la carte comme j’aimais à le dire lorsque j’étais petite. La Flandre belge est à cinq minutes de chez moi et Bruges, que le monde entier vient admirer, à une petite demi-heure en voiture. Un vrai luxe. Je peste souvent contre la métropole dans laquelle je vis mais reconnais que vivre en Lozère ou au fin fond du limousin me rendrait assez malheureuse. Se sentir coincée au centre de la France, c’est-à-dire loin d’une frontière et de la mer (qui en est une autre), me serait tout bonnement insupportable. Pouvoir passer de l’autre côté, c’est la liberté. Et partir quand on veut changer d’air, de pays, de langue tout en retrouvant ce qui nous a constitué depuis l’enfance et qui est donc familier et rassurant, c’est pour moi, me rendre à Ostende, Bruges, Anvers ou Gand … C’est d’ailleurs ce que j’ai fait pas plus tard que samedi dernier. La …

Album photo (Venise, juin 2019)

Lorsque j’ai démarré ce blog, il y a un peu plus de quatre ans (Ma tasse de thé fêtera ses cinq ans en juin prochain !), je m’étais fixé comme règle de toujours associer textes et images en proportion plus ou moins égales ; ce que je n’ai cependant pas toujours respecté … Je faisais d’ailleurs récemment le constat de textes prenant le pas sur mes images alors même que mon Olympus ne quitte pas mon sac à main et que photographier équivaut pour moi à une prise de notes.  Alors pourquoi ne pas poster de temps à autre des photos, rien que des photos ? Des images sans paroles  … de tout ce qui est ma tasse de thé ! Voilà donc le premier « album photo » d’une série à constituer.  

Le cadeau de Venise

Mercredi 26 juin – Nous devions quitter Venise dans l’après-midi. Nos deux valises étaient faites, l’appartement rangé et à 11 heures nous traversions pour la dernière fois un campo de l’arsenal blanc de chaleur pour nous diriger vers San Zanipolo. Nous n’avions pas vraiment de but hormis celui de faire une dernière balade, de rester encore un peu au creux de la ville, de ne pas la quitter, pas encore, pas tout de suite. Nous marchions en silence, très lentement comme si le rythme de nos pas pouvait retarder l’heure du départ. Nous cherchions l’ombre, frôlant les murs de brique ocre, levant parfois les yeux vers l’opulence d’un jasmin s’échappant d’un jardin invisible et dont nous avions perçu le parfum sucré. La chaleur avait vidé les ruelles et même le chat de la corte del Anzolo nous regarda passer avec indifférence tout à sa somnolence dans une jardinière de plantes grasses. Le ciel était infiniment bleu et mon âme mélancolique. C’est au débouché de la calle Donà, alors que nous venions de franchir le ponte …

Petit matin d’été à Venise

Mardi 27 juin, sept heures. La clim ronronne doucement et les volets clos ne laissent passer qu’un mince rayon de soleil. Je suis éveillée depuis un bon moment, bien avant que le réveil ne sonne, et n’ai plus du tout sommeil. J’attrape d’ailleurs mon téléphone, annule la fonction réveil et me glisse sans bruit hors du lit. A Venise, me lever tôt est un plaisir. Moi pour qui quatre sonneries programmées à cinq minutes d’intervalle sont habituellement nécessaires, je m’étonne de n’éprouver ici aucune difficulté à être debout assez tôt, parfaitement éveillée et d’une impatience qui me fait sourire ; car je veux sortir, comme les chats, retrouver la ville au petit matin, encore calme et presque déserte. Nous sommes là depuis moins d’une semaine et la balade matinale que je m’accorde m’est vite devenue indispensable. Car à Venise, plus que partout ailleurs, il faut savoir être seul, suivre égoïstement le fil de ses découvertes et de ses émerveillements, ne pas se laisser happer par la compagnie d’amis qui, même s’ils peuvent être charmants, n’adopteront …