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En Provence (balades, art et coins secrets …) – 1/2

Ce matin, alors que je laissais fondre sur ma langue une cuillerée de miel de garrigue (celui du Moulin Jullien à Saint Saturnin les Apt, mon préféré), je me suis dit que finalement, ce n’est pas parce que les vacances sont déjà loin qu’il ne faut pas partager adresses gourmandes et endroits secrets découverts cet été – et que j’aurais mauvaise grâce à ne pas vous livrer. Après tout, certains d’entre vous ont peut-être prévu de se balader en Provence cet automne ou de s’y rendre l’été prochain. Donc, il n’est jamais trop tard !… Comme je le laissais entendre dans mon article précédent, ces deux semaines passées en Provence ne nous ont pas vu sillonner la région comme des stakhanovistes de la découverte touristique. D’abord parce que je souhaitais ne pas trop bouger, éviter d’avaler les kilomètres enfermée dans une voiture et aussi parce que ces villages, cette campagne, je les connais. Il s’agissait plus d’une redécouverte tranquille, sans guide de voyage, sans plans, sans but précis sinon celui de se balader dans les …

Images du monde flottant

Dimanche dernier, un froid bleu engourdissait Bruxelles. L’herbe des parcs était toute givrée et les flaques d’eau ressemblaient à de petits lacs gelés. La magie de décembre enveloppait la ville et, tandis que Monsieur Bruxelles faisait filer la voiture dans les artères désertes (ah ! Bruxelles le dimanche !), je plissais les yeux de bonheur sous le soleil d’hiver, bien au chaud dans les plumes de ma doudoune. J’étais bien. Je me délectais simplement du moment présent, me laissant béatement hypnotiser par le défilé des maisons, le dégradé du ciel, le scintillement des rails du tramway sur les pavés ou la petite silhouette d’un merle furtivement apparue et disparue … Toute la ville semblait flotter, irréelle, merveilleuse, comme transformée par la baguette de quelque fée ou le souffle d’un Esprit de l’hiver. Nous filions vers le Japon … ou, plus précisément, vers l’exposition Ukiyo-e – les plus belles estampes japonaises au musée du Cinquantenaire. Après une petite demi-heure de traversée citadine, nous avons franchi les arcades du Cinquantenaire sous les chevaux du quadrige du Brabant – d’un …

On ne change pas

Hier soir, alors que je rentrais du travail, la voiture en quasi pilote automatique, je pianotais sur l’autoradio passant d’une station à l’autre sans m’y arrêter plus d’une seconde. Je n’étais pas d’humeur à écouter les nouvelles, pas d’humeur à écouter la Traviata, pas d’humeur à écouter mon émission favorite de jazz. En fait, je n’étais d’humeur à rien. Ma journée n’avait pas été mauvaise, non. Elle avait juste été maussadement inintéressante. Une journée morne coincée au travail alors que dehors c’est encore l’été. Oui, je sais, d’aucuns diront que mes propos ne sont pas ceux d’un adulte. Je sais … N’empêche que moi, quand il fait beau j’ai envie « d’aller jouer dehors »… Et c’est peut-être pourquoi, le hasard (le hasard ?) m’a fait écouter une chanson sur laquelle mon oreille s’est arrêtée. Une chanson de … Céline Dion. « On ne change pas », une chanson des années 90. Une chanson que j’adore en vérité. Et sans honte aucune ; même si, à l’époque de sa sortie, le CD 2 titres – dont j’avais fait l’acquisition en catimini …

Cucurrucucù

J’ai toujours pensé que dans la vie, pour les grandes comme les petites choses, tout est une question de moment. Le bon moment, le moment juste, le moment opportun ou plutôt, le moment où l’on est prêt. Prêt à lire un livre qui va transformer notre regard sur le monde, prêt à apprécier tel compositeur (qu’on détestait jusqu’alors), prêt à découvrir telle personne (à l’opposé pourtant de ceux que l’on jugeait – un peu étroitement – trop différents de nous) … Là non plus il n’y a pas de hasard. La vie agence toutes nos expériences comme les pièces d’un puzzle, nous adoucit, nous rend plus indulgent mais également nous renforce, nous mène, mine de rien, vers ce qui nous est essentiel, ce qui répondra à nos questions, ce qui nous correspondra … Enfin, pour moi en tous cas. Il y a quelques semaines, à une heure avancée de la nuit (j’ai, par nature, des horaires espagnols), je sirotais doucement une verveine. Il fallait que j’aille me coucher – le lendemain j’avais école – mais …

Haïkus d’hiver avec une tasse de thé

Dimanche après-midi. Tout est calme. Première journée de vacances, de vacance, de liberté … journée entre parenthèses, comme suspendue avant le départ demain pour la campagne. Une journée pour moi. Un peu égoïste. L’hiver tarde à venir. La douceur de l’air me déprime. Je veux du froid bleu, des ours polaires, des étoiles de givres et du thé brulant … Qu’à cela ne tienne, je fais « comme si » : j’allume des bougies, parfume l’appartement aux clémentines corses – pour moi synonymes de Noël -, je baisse légèrement les stores sur le gris du ciel puis je fais bouillir l’eau du thé et enfin, attrape dans ma bibliothèque mes recueils de haïkus. Car l’hiver aussi a ses haïkus … C’est décidé je vais de ce pas m’enrhumer pour voir la neige Sampû Dans les yeux du chat la couleur de la mer un jour ensoleillé d’hiver Yorie Ah ! lune d’hiver Depuis ce temple sans porte Que le ciel est haut Yosa Buson  L’ombre solitaire d’un héron immobile – il va neiger Sei’ichi Teshima Soleil couchant – Tout …

Rendez-vous au musée

Il y a dans la vie d’étranges hasards, des coïncidences, des concordances de temps et d’espace qui nous prouvent qu’effectivement … rien n’arrive par hasard, que nos émerveillements, nos découvertes, toutes nos rencontres sont liés, reliés par des fils invisibles qui tout en s’enchevêtrant, nous tirent, nous poussent, nous enveloppent et nous accompagnent. Et parfois cela se manifeste par de tout petits clins d’œil … Il y a quelques années, je devais participer à un séminaire en Norvège. Le vol qui emportait les autres participants vers Stavanger étant complet, je voyageais seule – et m’en réjouissais ; ouf, un peu de liberté ! – et devais faire escale à Amsterdam – et cela aussi me réjouissait tant j’aime les avions et les aéroports. J’avais emporté Le voyage à Venise de Philippe Beaussant parce que j’ai toujours un livre en cours et parce que l’avion est, selon moi, l’endroit au monde le plus propice à la lecture. Pourquoi avais-je choisi ce roman ? Je ne sais plus. Parce qu’il y était question de Venise dont je revenais ? Sans doute. …

Rentrée : l’art en catimini

J’ai repris le travail la semaine dernière. Alors, de deux choses l’une, soit je déprime, soit, à l’instar de France Gall, je résiste ! Là, je vous vois esquisser un sourire – et vous avez raison. Mais bon, pour être plus précise – et sans renier France Gall dont j’adore la voix et notamment la chanson « Evidemment » (mais ça c’est un autre sujet…)-, je devrais dire que je pense plutôt au film d’Alain Resnais « On connait la chanson ». Comme l’un des personnages – qui pour se donner force et courage – chante avec conviction «résiste, prouve que tu existes ! », je pousse mentalement la chansonnette. Petit mantra d’auto-motivation. Et ça marche. Mais, de toute façon, c’est dans mon tempérament. Donc, pour « prouver que j’existe » en cette période de rentrée synonyme pour moi de privation de liberté (et je suis loin de travailler au bagne ou au fin fond de la mine), j’ai ma méthode : l’art en catimini, l’art en douce, l’art à la sauvette, l’art pour se sauver (dans tous les sens du terme …). Comment faire ? …

Masques géants du Congo

Si d’aventure, vous passez par Bruxelles et par le quartier des musées, faites un saut au musée BELvue ! En effet, ce musée consacré à l’histoire de la Belgique (et donc de ses ex colonies – Tintin au Congo, c’était quand même pour de vrai …) présente une exposition temporaire de masques collectés par les missionnaires jésuites au Congo belge. Je dois avouer que j’y suis passée presque par hasard après avoir parqué (comme disent les belges) ma voiture devant le palais royal et avant de courir me sustenter chez Wittamer, ma « cantine » préférée (mais ça, j’en reparlerai une prochaine fois !). Par hasard donc, mais intriguée et ne demandant qu’à être surprise et étonnée. Et bien, je l’ai été ! Je ne suis pas – loin de là – une spécialiste de l’art africain mais suis curieuse et avide de découvertes même lorsqu’une forme d’art m’est étrangère ou n’est, a priori, pas ma tasse de thé. Le secret, selon moi, c’est de se rendre disponible et « d’ouvrir » son esprit. J’applique la « recette » que je donne aux personnes …

Les haïkus disent tout

Les haïkus, ces très courts poèmes japonais – trois vers, c’est tout –, disent le monde, de la fourmi à la montagne, de la perle de rosée au ciel infini. « Fusion du cœur et des sens, du spirituel et du prosaïque ». Trois lignes qui disent le presque rien, l’infime, l’indicible, l’extraordinaire ordinaire. Trois lignes pour voir, ressentir et … méditer. J’avais, aujourd’hui, envie d’en partager quelques uns avec vous ! Ne possédant rien comme mon cœur est léger comme l’air est frais Issa Délice de traverser la rivière d’été sandales en main ! Buson Le saule peint le vent sans pinceau Saryû J’avais sommeil mais je suis retourné pour regarder le saule Baishitsu Parfois les nuages viennent reposer les gens d’admirer la lune Basho L’été – les mois de « vacance » – se prêtent bien à la contemplation du monde, non ? Nous avons le temps et la liberté, comme les enfants, d’être tout entiers dans ce que l’on voit, ce que l’on ressent, ce que l’on vit. Ici et maintenant. Il lèche la cuiller le gamin avec …

Nuages…

Coincés dans un embouteillage, immobilisés à un feu rouge qui n’en finir pas de rougir ou simplement ralentis par un limaçon motorisé … Toutes ces minutes perdues enfermés dans nos boîtes de métal nous font pester et nous lamenter. Mais pas toujours… Il suffit par exemple que le hasard s’en mêle et nous offre rien de moins qu’une œuvre d’art éphémère, un mini happening, une performance pour nous tout seul. Comment ? Il suffit d’ouvrir grand les yeux. De REGARDER et d’ECOUTER. Je m’explique. Imaginons un bouchon, les voitures en chapelet sur l’asphalte d’une autoroute. C’est un jour de grand vent qui roule et chahute les grosses volutes des nuages dans l’azur du ciel (ce qui est déjà en soi le plus beau des spectacles), fatigué, lassé, vous allumez machinalement la radio et tombez par hasard sur une chanson, un concerto ou un air d’opéra qui se trouve être – vous vous en rendez-compte en l’espace d’un fragment de seconde – le reflet de ce ciel là, de cette lumière là ; en accord avec votre bonheur …