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Masques géants du Congo

Si d’aventure, vous passez par Bruxelles et par le quartier des musées, faites un saut au musée BELvue !

En effet, ce musée consacré à l’histoire de la Belgique (et donc de ses ex colonies – Tintin au Congo, c’était quand même pour de vrai …) présente une exposition temporaire de masques collectés par les missionnaires jésuites au Congo belge.

Je dois avouer que j’y suis passée presque par hasard après avoir parqué (comme disent les belges) ma voiture devant le palais royal et avant de courir me sustenter chez Wittamer, ma « cantine » préférée (mais ça, j’en reparlerai une prochaine fois !).

Par hasard donc, mais intriguée et ne demandant qu’à être surprise et étonnée.

Et bien, je l’ai été !

Je ne suis pas – loin de là – une spécialiste de l’art africain mais suis curieuse et avide de découvertes même lorsqu’une forme d’art m’est étrangère ou n’est, a priori, pas ma tasse de thé. Le secret, selon moi, c’est de se rendre disponible et « d’ouvrir » son esprit. J’applique la « recette » que je donne aux personnes hermétiques à l’art contemporain : retrouver la posture d’un enfant (je découvre, je regarde, je regarde, je regarde), se détendre et se poser des questions simples. Et ça marche ! Là, même procédure ; ce qui ne m’empêche pas de lire quand même notices et cartels. Donc, regardons…

Par chance, je suis seule à découvrir les quelques salles, seule pour un face à face avec ces masques à la beauté mystérieuse et inquiétante.

J’apprends qu’ils étaient utilisés lors du Mukanda, cérémonie d’initiation masculine, notamment chez les peuples Yaka et Suku.

Cela dit, j’ai beau lire tout ce qui me permet de comprendre le pourquoi et le comment, ce qui m’intéresse en fin de compte, c’est l’extraordinaire qualité plastique de ces masques que l’on peut contempler (l’art moderne a façonné notre regard …) à la fois comme des peintures ou comme d’énigmatiques sculptures.

Mais pas seulement… il faut prendre son temps, les regarder longuement, comme des visages que l’on voudrait déchiffrer, et s’apercevoir que, oui, ces masques, sont « habités » et … qu’ils nous tiennent à distance, refusant obstinément tout dialogue, en tous cas avec nous. L’armée des masques n’est pas repliée derrière une vitrine pour de simples raisons de conservation, non. On les protège autant qu’on nous en protège. Le pouvoir que nous leur attribuons – et qu’il nous plait d’imaginer pérenne – est une idée avec laquelle on peut jouer ; même si c’est un peu simpliste, j’en conviens. Toutefois, et après tout, pourquoi pas ? Ne soyons pas si rationnels …

Ces masques sont comme des maisons. Ils gardent les traces de leurs occupants, leurs secrets et… leur pouvoir ?

Très beau oui ; inquiétants et énigmatiques, sans aucun doute !

Allez, vite une bouffée d’air frais et une tasse de thé !


Pour ceux qui voudraient s’y rendre :
Musée BELvue
7 Place des Palais
1000 Bruxelles
Du lundi au vendredi de 9h30 à 17h00
Le week-end et aux mois de juillet et d’août : de 10h00 à 18h00
Entrée gratuite
Exposition jusqu’au 8 novembre 2015

L’exposition au BELvue fait partie des expositions « Pop-up » organisées par le Musée Royal de l’Afrique Centrale de Tervureen (fermé pour travaux) à partir des pièces maitresses de ses collections.

2 commentaires

  1. catherine dit

    L’extraordinaire diversité des masques africains est surprenante …… On passe effectivement de l’inquiétude à l’interrogation mais certains sont fascinants!
    Il y a une vingtaine d’années, chez un antiquaire, mon regard s’est posé sur un masque DAN féminin ( Côte d’Ivoire ) d’une beauté et d’une pureté absolue ! J’y pense encore ! Patine noire ancienne et traits d’une incroyables finesse ….. Lorsque je me décidais à casser ma tirelire il était trop tard ……………. quelqu’un était tombé sous le charme ….
    Beau sortilège ……
    Ma première approche de l’art africain date de la plus tendre enfance : lorsque nous allions chez mes grands-parents, boucliers, arcs, flèches empoisonnées et coupe-tête tapissaient le mur dans l’entrée !! Ils avaient été rapportés par un grand-oncle qui avait séjourné au Congo Belge.
    Il y avait un coupe-tête avec deux diamètres pour le cou !!! J’étais un peu effrayée, me disant dans ma petite tête ( ! ) que tout ça avait servi  » pour de vrai  » !!
    Merci Virginie pour votre blog si varié et si bien écrit, il a fait ressurgir bien des souvenirs ….

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    • Ravie d’avoir fait ressurgir des souvenirs et merci Catherine de les partager avec nous ! Votre première approche de l’art africain était en effet quelque peu … effrayante et, en tous cas, marquante ! Mais les expériences de l’enfance façonnent nos goûts et orientent nos centres d’intérêt et beaucoup auraient aimé avoir un grand grand-oncle comme le vôtre.

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