arts
2 commentaires

On ne change pas

Hier soir, alors que je rentrais du travail, la voiture en quasi pilote automatique, je pianotais sur l’autoradio passant d’une station à l’autre sans m’y arrêter plus d’une seconde. Je n’étais pas d’humeur à écouter les nouvelles, pas d’humeur à écouter la Traviata, pas d’humeur à écouter mon émission favorite de jazz. En fait, je n’étais d’humeur à rien. Ma journée n’avait pas été mauvaise, non. Elle avait juste été maussadement inintéressante. Une journée morne coincée au travail alors que dehors c’est encore l’été. Oui, je sais, d’aucuns diront que mes propos ne sont pas ceux d’un adulte. Je sais … N’empêche que moi, quand il fait beau j’ai envie « d’aller jouer dehors »… Et c’est peut-être pourquoi, le hasard (le hasard ?) m’a fait écouter une chanson sur laquelle mon oreille s’est arrêtée. Une chanson de … Céline Dion. « On ne change pas », une chanson des années 90. Une chanson que j’adore en vérité. Et sans honte aucune ; même si, à l’époque de sa sortie, le CD 2 titres – dont j’avais fait l’acquisition en catimini – avait plutôt été dissimulé que rangé entre Bartok et Debussy. François Truffaut a beau faire dire à Fanny Ardant, dans « La femme d’à côté », que les chansons, aussi bêtes soient-elles, disent la vérité, disent l’essentiel, disent la vie, l’amour … Tout le monde n’a pas vu ses films – qui là pour le coup ont été l’une des révélations cinématographiques de ma toute jeune adolescence. Je ne remercierai d’ailleurs jamais assez mes parents fervents cinéphiles.

Oui, les chansons, enfin certaines chansons, disent la vérité. « On ne change pas » nous dit que l’on ne change pas, que l’on reste, même devenu adulte, même très vieux, un enfant ou plutôt l’enfant que l’on a été. Parfois même malgré nous.

Moi j’ai encore huit ans.

Car je pense porter encore sur les adultes – et surtout sur moi-même – mon regard de petite fille. Les grands jouent aux grands. Ils attrapent « des airs et des poses de combats ». Je les regarde. Je me regarde, pas dupe, juste amusée. Une manière somme toute de ne pas se prendre trop au sérieux. Une manière de s’échapper des contraintes imposées et de rester vraiment soi.

J’ai encore huit ans car j’aime aussi admirer à la dérobée mes chaussures neuves pendant les réunions, dessiner des moustaches aux trop sérieux d’un très sérieux organigramme photographique, mimer le cheval au galop dans le jardin (avec un hennissement ridicule se terminant en gloussement puis en fou-rire), ramasser des coquillages, des cailloux, des plumes, des trésors, répondre aux importuns en hongrois (de mon invention), me laisser distraire, rêvasser, me délecter d’un petit pain au lait fendu en deux et fourré d’une barre de chocolat au lait, faire les plus belles horribles grimaces dans la cabine du photomaton … La liste pourrait être longue …

Et vous quel âge avez-vous en réalité ?


 

«J’écoute uniquement les chansons, parce qu’elles disent la vérité. Plus elles sont bêtes, plus elles sont vraies. D’ailleurs, elles ne sont pas bêtes. Qu’est-ce qu’elles disent ? Elles disent : “Ne me quitte pas… Ton absence a brisé ma vie…” ou “Je suis une maison vide sans toi… Laisse-moi devenir l’ombre de ton ombre…” ou bien “Sans amour, on est rien du tout…” »
La Femme d’à côté (1981) – François Truffaut

Pour écouter On ne change pas de Céline Dion, CLIQUEZ ICI !

 


 Je viens de m’apercevoir avec étonnement que bien des années après mon coup de cœur pour cette chanson, j’en connaissais encore par cœur toutes les paroles. Peut-être parce que Diane et moi la chantions alors à tue-tête dans la voiture qui nous menait à Bruxelles pour nos ballades mère-fille … Une heure de route aller, une heure de route retour et Céline en boucle.

 

 

2 commentaires

  1. Jacques dit

    Très émouvant! et juste car on ne change pas. Pour répondre à la question: j’ai encore 10 ans 😉
    J’aime beaucoup ces photos en noir et blanc. Très sympa de vous voir petite!
    Jacques- 10ans

    J'aime

  2. I loved reading this article Virginie! You have such a wonderful take on life and it is so true we really are children at heart -what a shame perhaps that we do not always show it. When I think back to my childhood I feel that time passed so slowly…the year stretched for an eternity. I wonder perhaps if it is because as children we just lived in the moment without regard for yesterday or for what would be happening tomorrow. How lovely if as adults we could do more of that! I feel, like you, that the child is just beneath the surface however, waiting to reappear. I still doodle and yes I draw mustaches too – I can’t help myself! My heart skips a beat at the sight of a beautiful shell at the beach that others had overlooked. The sight of a swing in a tree is a beautiful sight! Thank you for sharing these lovely thoughts and also for your lovely black and white photos which were adorable to look at – a beautiful family!
    – Kate xx

    J'aime

Laisser un commentaire

Entrez vos coordonnées ci-dessous ou cliquez sur une icône pour vous connecter:

Logo WordPress.com

Vous commentez à l'aide de votre compte WordPress.com. Déconnexion / Changer )

Image Twitter

Vous commentez à l'aide de votre compte Twitter. Déconnexion / Changer )

Photo Facebook

Vous commentez à l'aide de votre compte Facebook. Déconnexion / Changer )

Photo Google+

Vous commentez à l'aide de votre compte Google+. Déconnexion / Changer )

Connexion à %s