Jour: 10 mars 2018

Retrouver Venise (1/3)

Venise me manquait. Depuis presque deux ans, Venise me manquait. Je voulais la retrouver, la retrouver en hiver, presque débarrassée de ses hordes de barbares, calme et ne se livrant qu’à ses seuls amoureux, aux promeneurs solitaires, aux amis des lettres et des chats, aux contemplatifs, aux doux et aux discrets qui arpentent la ville avec la légèreté d’un félin pour mieux s’y fondre et s’en imprégner. Je me décidais en décembre, presque sur un coup de tête. Le temps maussade, la pesanteur d’un travail qui ne me satisfaisait pas, la sensation d’être empêchée, contrainte à l’inaction, empêtrée dans le quotidien furent somme toute de bons aiguillons. Nous étions un dimanche soir, moment déprimant s’il en est – le week-end, espace lumineux de liberté, étant toujours trop bref – et je prenais un thé tardif avec Diane, histoire de prolonger encore un peu notre après-midi en famille ; j’aime les dimanches-refuges que l’on clôt par du thé brûlant et de la tarte aux pommes servie dans nos assiettes Burgenland (les dimanches sont de l’enfance prolongée). …