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Les haïkus disent tout

Les haïkus, ces très courts poèmes japonais – trois vers, c’est tout –, disent le monde, de la fourmi à la montagne, de la perle de rosée au ciel infini. « Fusion du cœur et des sens, du spirituel et du prosaïque ». Trois lignes qui disent le presque rien, l’infime, l’indicible, l’extraordinaire ordinaire. Trois lignes pour voir, ressentir et … méditer. J’avais, aujourd’hui, envie d’en partager quelques uns avec vous ! Ne possédant rien comme mon cœur est léger comme l’air est frais Issa Délice de traverser la rivière d’été sandales en main ! Buson Le saule peint le vent sans pinceau Saryû J’avais sommeil mais je suis retourné pour regarder le saule Baishitsu Parfois les nuages viennent reposer les gens d’admirer la lune Basho L’été – les mois de « vacance » – se prêtent bien à la contemplation du monde, non ? Nous avons le temps et la liberté, comme les enfants, d’être tout entiers dans ce que l’on voit, ce que l’on ressent, ce que l’on vit. Ici et maintenant. Il lèche la cuiller le gamin avec …

Nuages…

Coincés dans un embouteillage, immobilisés à un feu rouge qui n’en finir pas de rougir ou simplement ralentis par un limaçon motorisé … Toutes ces minutes perdues enfermés dans nos boîtes de métal nous font pester et nous lamenter. Mais pas toujours… Il suffit par exemple que le hasard s’en mêle et nous offre rien de moins qu’une œuvre d’art éphémère, un mini happening, une performance pour nous tout seul. Comment ? Il suffit d’ouvrir grand les yeux. De REGARDER et d’ECOUTER. Je m’explique. Imaginons un bouchon, les voitures en chapelet sur l’asphalte d’une autoroute. C’est un jour de grand vent qui roule et chahute les grosses volutes des nuages dans l’azur du ciel (ce qui est déjà en soi le plus beau des spectacles), fatigué, lassé, vous allumez machinalement la radio et tombez par hasard sur une chanson, un concerto ou un air d’opéra qui se trouve être – vous vous en rendez-compte en l’espace d’un fragment de seconde – le reflet de ce ciel là, de cette lumière là ; en accord avec votre bonheur …

Federico Garcia Lorca

Diane me lisait ses poèmes lorsque j’étais toute petite. La « berceuse aux oranges » a bercé mon enfance. Est-ce pour cela que j’aime tant ses mots, ses couleurs, ses images, sa nostalgie ? Régulièrement je relis ses poèmes. Le matin, au petit déjeuner, une tasse de thé à la main, le livre ouvert à côté des tartines de miel, je savoure une page ou deux. Mieux que des vitamines. Une dose de beauté pour affronter une journée de travail et les petites horreurs quotidiennes. J’ai mon armure invisible. Caprice Au filet de la lune, araignée du ciel, se prennent les étoiles qui voltigent. Paysage sans chanson Ciel bleu. Campagne jaune. Montagne bleue. Campagne jaune. Par la plaine grillée un olivier chemine. Un olivier tout seul. Voyage La bouche du couchant mord la montagne. Une petite étoile s’est sauvée dans l’azur. Nocturne schématique Fenouil, serpent et jonc. Arôme, sillage et pénombre. Air, terre et solitude. (L’échelle atteint la lune.) L’été dernier, j’avais emporté « Romancero gitan » et « Les sonnets de l’amour obscur ». …